Demande de démo

Par Mathieu GAUTHIER | | Communication client (CCM)

Les Progressive Web Apps sont une invention de Google. Initialement, elles étaient destinées aux pays émergents, grands consommateurs d’Internet mais où les smartphones utilisés sont loin d’être aussi performants que ceux que nous connaissons. Leur mémoire est très limitée, la couverture réseau en est encore à la 2G/3G et le coût de la data est élevé. Difficile alors d’installer des applications natives gourmandes en stockage et nécessitant une connexion Internet pour leur bon fonctionnement. C’est pourquoi, pour faciliter son implantation dans ces pays en voie de développement, Google n’avait d’autres choix que d’opter pour une nouvelle solution technologique afin de s’adapter au marché. La multinationale prend alors la décision d'investir dans le développement d'applications web légères, rapides, installables et indépendantes de la qualité du réseau : la Progressive Web App (PWA). Regardons de plus près les avantages de ce type d’application mobile et leurs principes de développement.

Dans cet article, nous verrons :
  1. 01/ Les Progressive Web Apps : une alternative aux applications natives à considérer
  2. 02 / Les Progressive Web Apps pour vos communications commerciales
  3. 03 / Tutoriel : comment développer une Progressive Web App ?

01/ Les Progressive Web Apps : une alternative aux applications natives à considérer

Les avantages de la PWA vs. l’application native

A priori, la stratégie de Google se base uniquement sur la proposition d’une nouvelle offre dans les pays émergents. Mais quel serait l’intérêt d’une PWA dans un pays fortement industrialisé ? Les capacités des smartphones en Europe sont bien assez suffisantes pour installer de nombreuses applications natives. Alors pourquoi songer à privilégier le développement d’une PWA au lieu d’une application native.

Plusieurs réponses sont valables :

  • La distribution des applications natives est compliquée. Pour qu’un de vos clients utilise votre application, il faut le convaincre d’aller la télécharger depuis un store ou votre site web, puis de l’installer (autrement-dit prendre une partie plus ou moins volumineuse de la capacité de stockage de son smartphone) et enfin, de l’inciter à l’utiliser et à y revenir. Cela demande beaucoup d’efforts, et un coût d’acquisition qui, selon la startup portugaise Selio, serait 10 fois plus élevé que pour une PWA.
  • Le côut de production d’une PWA est très faible. Au lieu de mobiliser plusieurs équipes de développeurs pour la réalisation d’une application native iOS, Android ou d’un site web, le développement d’une Progressive Web App ne nécessite qu’une seule équipe.
  • La PWA améliore l’engagement des utilisateurs. De nombreuses entreprises ont décidé de créer ou de migrer vers des PWA pour améliorer leur taux d’engagement. On peut citer Twitter avec sa PWA Twitter Lite, Uber, Trivago, New York Times et évidemment, Google avec Maps Go, Photos, Google +… Vous pouvez retrouver sur le site PwaStats les statistiques commerciales des PWA de certaines de ces entreprises et bien d’autres.
  • La PWA peut rivaliser avec une application native. En fonction de vos besoins, il est possible d’obtenir des résultats très satisfaisants en matière de performance. Nicolas Gallagher, Engineer Lead de Twitter Lite confie :

Twitter Lite is now the fastest, least expensive, and most reliable way to use Twitter. The web apprivals the performance of our native apps but requires less than 3% of the device storage space compared to Twitter for Android.

D’un point de vue fonctionnel, les PWA arrivent également aujourd’hui à utiliser des fonctionnalités propres aux applications natives grâce aux HTML5 APIs.

  • Faible consommation de données. Une application native peut consommer plusieurs dizaines de MB voire GB de data (par exemple, il n’est pas rare d’obtenir un cache de plusieurs GB pour l’application mobile Facebook). Pour une PWA, le serveur distribue uniquement des fichiers HTML, CSS et Javascript compressés et minifiés de manière à réduire considérablement la taille de l’application mais aussi du cache. Dans le cas de Twitter, la Progressive Web App ne fait que 600KB contre 23.5MB pour l’application Android.

Progressive Web Apps sur iOS : Apple tente de résister

Il est indéniable que la PWA à son niveau actuel ne remplace pas l’application mobile telle qu’on la connaît. Cela est dû à son manque de fonctionnalités natives supportées par l’OS de nos smartphones et plus particulièrement par iOS. De plus, l’évolutivité du marché de la PWA chez Apple parait compromise en raison d’un manque à gagner sur la “App StoreTax” de 30%. En effet, cette taxe étant applicable uniquement aux applications sur l’App Store et donc aux applications natives, la PWA s’en est affranchie.

Pour autant, en Mars 2019, Apple a fait un effort avec la sortie de iOS 11.3 et Safari 13. Un utilisateur d’iPhone peut dorénavant supporter une partie des fonctionnalités des Progressive Web Apps.

En effet, difficile de complètement fermer la porte aux Progressive Web Apps, à présent largement adoptées par les entreprises et les particuliers. En addition des avantages évoqués plus haut, elles représentent notamment un atout majeur pour vos communications client, capable de nettement améliorer l’engagement de vos utilisateurs qu’ils soient adeptes de Safari, Internet Explorer, ou bien Chrome évidemment.

02 / Les Progressive Web Apps pour vos communications commerciales

Chez Tessi, nous proposons des solutions de traitement et gestion documentaire permettant de composer, de produire et de délivrer des modèles de document (maquettes) en volume et/ou personnalisées en fonction du besoin. Certains de ces logiciels intègrent des modules de composition de documents dynamiques. En d’autres termes, il s’agit de générer, à partir d’un ou plusieurs flux de données, une collection d’applications rendues uniquement côté client. L’outil utilise un framework de création d’interface utilisateur, basé sur une architecture de composants : Bobril. Cela permet d’utiliser le logiciel simplement en intégrant des blocs (tableau, image, diagrammes, contenu textuel…) dans une interface de conception.

Un document dynamique est généré sous la forme d’un seul fichier HTML, encapsulant Javascript, CSS et images (encodées en base 64). Contrairement à un document statique (PDF par exemple), la livraison d’un fichier HTML ne peut se faire via mail ou un téléchargement sur un site. L’expérience client ne serait pas au rendez-vous.

Progressive Web apps (Tessi blog)

Cependant, il peut être particulièrement intéressant d’utiliser les fonctionnalités d’une PWA pour délivrer ce type de document. Il est tout à fait imaginable de développer un tableau de bord regroupant l’ensemble des documents dynamiques d’un utilisateur, les rendant accessibles et sécurisés via un portail web. Au moment de la première consultation d’un document, le client peut alors l’ajouter comme une application native sur son écran d’accueil, grâce à une bannière, et profiter des capacités offline de son document. Un système de push notifications peut également être intégré pour informer l’utilisateur d’une nouvelle livraison. La fluidité de ce processus permet d’améliorer, auprès du client, l’expérience utilisateur et par conséquent son engagement.

03 / Tutoriel : comment développer une Progressive Web App ?

Le cahier des charges pour une PWA

Une PWA est réussie lorsqu’elle respecte les principes F.I.R.E (fiable, intégrée, rapide, et engageante). On vous partage quelques bonnes pratiques pour y parvenir :

  • FAST

    Vous pouvez rendre votre PWA performante en intégrant un App-Shell à vos pages, en réduisant la taille de vos fichiers, en optimisant et compressant les images, en suivant le pattern PRPL… L’objectif est que l’application ne charge qu’une faible quantité de données côté serveur et que son utilisation reste fluide malgré les animations ou les utilisations d’API HTML5.

  • INTEGRATED

    Une progressive web app est dite intégrée lorsque les navigateurs sont capables de trouver rapidement votre web app et de la proposer en tant qu’application installable sur l’écran d’accueil sans passer par un app store. Cela est rendu possible grâce aux manifestes W3C et à l’installation du Service Worker (gestionnaire de cache).

  • RELIABLE

    Pour qu’une Progressive Web App soit considérée comme fiable, il faut éviter à tout prix de se heurter au problème du lie-fi. C’est ce moment où le réseau indique sur votre smartphone une connexion stable alors que ce n’est pas le cas. Parer à ce désagrément nécessite d’utiliser un Service Worker correctement configuré pour manipuler les fichiers (HTML, CSS, JS, images…). De plus, il faut que votre application soit servie via HTTPS pour éviter les fraudes lors des transactions client-serveur par formulaire.

  • ENGAGING

    Votre PWA sera engageante si elle est responsive, c’est-à-dire qu’elle s’adapte à n’importe quel format : mobile, tablette, desktop. Il est également conseillé de mettre votre contenu régulièrement à jour et d’envoyer des notifications push pour inviter les utilisateurs à revenir. Enfin, il est possible de limiter les demandes d’accès à des fonctionnalités de votre smartphone à certaines pages seulement. Par exemple, Google Maps ne vous demande pas, dès l’ouverture de celle-ci, les autorisations d’accès dont elle a besoin pour fonctionner pleinement (ce que font les applications natives). En l’occurrence, Google maps peut avoir besoin d’activer la fonctionnalité de géolocalisation de votre smartphone. Mais elle ne vous demandera cette autorisation que lorsque vous aurez besoin d’un itinéraire depuis votre position. L’utilisateur comprend alors l’objet de la demande. Cette dernière étant contextualisée, elle semble moins intrusive. Ainsi, l’utilisateur est plus à même d’accepter.

L’ensemble de ces fonctionnalités forment un cahier des charges précis. A cet effet, vous pouvez utiliser l’outil Google Lighthouse qui permet de vérifier cette checklist à votre place. Sur Chrome, vous pouvez effectuer cet audit depuis la console de votre navigateur. Celui-ci vous donnera une note entre 0 et 100 en fonction des performances, des bonnes pratiques, de l’accessibilité et du référencement (SEO) de votre application.

Les principes de développement d’une PWA

Le développement d’une Progressive Web App ne nécessite aucun framework particulier. Vous pouvez développer votre application entièrement en utilisant du HTML, CSS et du Javascript (JS) mais il est préférable, dans un objectif de mise en production, d’utiliser des outils performants et flexibles. Cela vous permettra de vous concentrer sur la partie métier de votre application et de gagner du temps sur la configuration d’une PWA.

Pour le développement, il convient bien sûr de garder en tête les principes F.I.R.E. Toutefois, nous nous concentrerons surtout sur les aspects d’intégration et de fiabilité pour la suite de l’article. Les autres points sont également essentiels mais dépendants du contenu et des fonctionnalités de votre application.

Service Worker

Dans le cahier des charges, le Service Worker est un des éléments indispensables pour valider votre PWA. Il s’agit d’un script lancé en tâche de fond non bloquante servant de proxy pour servir les fichiers de votre application. Le Service Worker est enregistré par le navigateur et répond à des événements de manière asynchrone pour mettre en cache vos fichiers HTML, CSS, JS, images etc…

Lors de la seconde visite de l’utilisateur, le Service Worker détecte si une mise à jour des fichiers est nécessaire. Si ce n’est pas le cas, il va rediriger les requêtes faites par le client vers les fichiers en cache. Cela vous permet donc de garder votre application complètement hors-ligne.

Si du nouveau contenu est arrivé du côté de votre serveur web, le Service Worker est capable de mettre à jour les fichiers en cache, une fois la connexion de votre utilisateur de nouveau disponible.

Pour permettre à votre navigateur d’enregistrer votre Service Worker, il vous suffit d’ajouter la balise <script> ci-dessous à votre fichier HTML (avant la balise fermante </body>).

index.html
<html>
  <head>
    <!-- [...] -->
  </head>
  <body>
    <!-- Contenu de votre application/votre App Shell-->
    <script>
      if ('serviceWorker' in navigator) {
        window.addEventListener('load', () => {
          navigator.serviceWorker
            .register('/sw.js')
            .then(registration => {
              console.log(
                `Service Worker enregistré ! Ressource: ${registration.scope}`
              );
            })
            .catch(err => {
              console.log(
                `Echec de l'enregistrement du Service Worker: ${err}`
              );
            });
        });
      }
    </script>
  </body>
</html>

Dans le code ci-dessus, on utilise directement l’API native navigator et on vérifie la compatibilité PWA avec le navigateur. Si la comptabilité est vérifiée, on utilise en Javascript les Promises pour réaliser des opérations asynchrones. On tente alors d’enregistrer un Service Worker (SW). Si cette opération est un succès, on réalise la fonction insérée en tant que paramètre dans le then. Ici, il s’agit d’un simple console.log(message). Si, au contraire, l’enregistrement du SW échoue, l’exception est récupérée dans le catch.

Le fichier sw.js n’est pas encore présent sur le serveur. On va l’ajouter et l’agrémenter de quelques lignes de Javascript indispensables pour gérer correctement la capacité offline de votre PWA. Nous allons utiliser ici un outil, développé par l’équipe Google Chrome, pour paramétrer notre SW: Workbox.

sw.js
importScripts(
  'https://storage.googleapis.com/workbox-cdn/releases/4.3.1/workbox-sw.js'
);
if (workbox) {
  console.log(`Super ! Workbox est chargé 🎉`);
  
  workbox.routing.registerRoute(
    /\.(?:html|js|css|png|jpg|jpeg|svg|gif)$/,
    new workbox.strategies.StaleWhileRevalidate()
  );
}

Ce petit script permet de servir tous les fichiers HTML, CSS, JS et images depuis le cache du navigateur. De plus, le Service Worker met à jour toutes ces ressources si besoin, à partir du réseau, en fond de tâche. On peut évidemment modifier l’expression régulière utilisée ici pour capturer d’autres types de fichier comme de la vidéo ou de l’audio.

La gestion du cache n’est pas chose aisée. Elle dépend des ressources, de l’utilisation et du développement de votre application. Dans notre cas, Workbox effectue énormément de travail qui nous épargne l’utilisation de l’API Cache. L’outil nous permet d’appliquer plusieurs stratégies en fonction des ressources à récupérer sur le serveur. Dans notre exemple, la stratégie StaleWhileRevalidate demande au Service Worker de récupérer les ressources depuis le cache et le réseau en parallèle. Si une ancienne version de ces ressources est déjà en cache, la stratégie va alors proposer de la servir au client. En parallèle, des requêtes HTTP essayent de récupérer une nouvelle version sur le serveur. Le cache est alors mis à jour avec la réponse du réseau pour chaque requête réussie.

Avec cette politique de cache et notre SW enregistré, nous rendons notre application beaucoup plus fiable et moins dépendante du réseau. Passons maintenant à l’intégration de notre future PWA…

Web App Manifest

La prochaine étape de développement c’est la mise en place d’un manifeste W3C propre à la PWA. Il s’agit d’un fichier JSON dans lequel on retrouve les informations de l’application comme son nom, ses icônes, l’affichage en tant qu’application native etc… Ce manifeste autorise l’application à la lancée en mode plein écran (sans la barre d’adresse du navigateur standalone), gérer l’orientation de l’écran (forcer le lancement de l’application en mode portrait) et définir un Splash Screen (avec un logo, un nom et une couleur de fond). Dans le fichier JSON ci-dessous, on définit des icônes avec plusieurs tailles. L’image en 192x192px sera utilisée en tant qu’icône de lancement sur l’écran d’accueil de votre smartphone. Quant à celle en 512x512px, elle sera affichée sur le Splash Screen.

manifest.json
{
  "name": "My App",
  "short_name": "My App",
  "description": "My App description",
  "start_url": "/",
  "display": "standalone",
  "orientation": "portrait",
  "theme_color": "#3f51b5",
  "background_color": "#3f51b5",
  "icons": [
    {
      "src": "images/manifest/icon-192x192.png",
      "sizes": "192x192",
      "type": "image/png"
    },
    {
      "src": "images/manifest/icon-512x512.png",
      "sizes": "512x512",
      "type": "image/png"
    }
  ]
}

Il ne nous reste plus qu’à créer le lien dans le fichier HTML avec ce manifeste.

Mais avant, un dernier obstacle doit être écarté !

Le tableau JSON icons du manifeste est un standard qui n’est pas pris en compte par Safari (sur iOS, même avec les dernières versions). Il faut ajouter un lien apple-touch-icon dans votre HTML pour créer votre icône de lancement sur iOS.

index.html
<html>
  <head>
    <!-- [...] -->
    <link rel="manifest" href="./manifest.json" />
    <link
      rel="apple-touch-icon"
      sizes="180x180"
      href="./images/manifest/icon-180x180.png"
    />
  </head>
  <body>
    <!-- Contenu de votre application/votre App Shell-->
    <script>
      // Script d'enregistrement du SW, vu précédemment
    </script>
  </body>
</html>

Dorénavant, votre application peut s’installer sur votre écran d’accueil de smartphone. Mais comment votre utilisateur peut-il savoir si votre site est intégrable ?

Google Chrome (et maintenant Firefox) sur Android, affiche automatiquement une bannière sur votre site pour indiquer qu’il peut être intégré comme une application native. Toutefois, votre site doit respecter les points suivants :

  • Avoir un manifest W3C valide
  • L’ensemble de ces ressources doivent être servies sur du HTTPS (Certigna, tiers de confiance européen du groupe Tessi, proprose des certificats hautement sécurisés, certifiés RGS/eIDAS).
  • Avoir un Service Worker valide et enregistré
  • Être visité deux fois, avec au moins 5 minutes entre chaque visite

Une autre solution serait de proposer votre propre bannière avec les explications d’installation sur Chrome, Firefox ou Safari. Libre à vous de décider !

En conclusion, la PWA peut s’avérer, selon le besoin, être un excellent compromis. D’une part, grâce à ses qualités intrinsèques pour l’utilisateur : application peu volumineuse, rapide, dotée du mode off-line, etc. D’autre part, elle est un moyen pour les métiers de proposer des communications client, transactionnelles et/ou commerciales, riches et engageantes au travers de documents dynamiques. Enfin, d’un point de vue plus technique, sa facilitée et son faible coût de développement lui confère un avantage non négligeable face aux applications natives. Il ne vous reste plus qu’à évaluer votre besoin pour savoir si la Progressive Web App est l’option qu’il vous faut. Nos experts peuvent vous accompagner dans votre choix !

Découvrir offre communication client

Articles associés

Communication client (CCM)
13 septembre 2019

De l’éditique aux solutions de gestion de la communication client : Quelles évolutions et avantages majeurs ?

Votre solution de composition ne répond plus à vos besoins ? Elle n'est plus mise à jour ou pas suffisamment ? Vous commencez à envisager un éventuel changement ? Découvrez en quoi les solutions CC...


Business Process Services in a digital world

Site web Officiel

Contactez-nous

Tous nos articles

Ressources

Études de cas

Vidéos

Suivez-nous !